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vendredi 13 juillet 2012

Mise à jour sur le Groupe Bilderberg

Je reproduis ici 2 ( 1er et et 2e)  excellents articles publiés sur le site Réseau Voltaire sous le clavier de Thierry Meyssan

(CHANTILLY, USA, 31 MAI AU 3 JUIN 2012)

Liste des participants à la réunion 2012 du Groupe de Bilderberg

 

 

WASHINGTON DC (ÉTATS-UNIS) | 3 JUIN 2012

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L’hôtel Marriot Westfields Washington Dulles, en Chantilly, Virginia Endroit pour la réunion annuel du groupe Bilderberg

Bureau de la session

Nationalité
Prénom et nom
Fonction

France
Henri de Castries
Pdg AXA Group

Royaume-Uni
Vendeline von Bredow
Correspondant économique,The Economist

Royaume-Uni
Adrian D. Wooldridge
Correspondant de politique internationale, The Economist

Participants à la session

Nationalité
Prénom et nom
Fonction

Allemagne
Josef Ackermann
Deutsche Bank AG

Royaume-Uni
Marcus Agius
Président, Barclays plc

Etats-Unis
Fouad Ajami
Chercheur,
The Hoover Institution, Stanford University

Etats-Unis
Keith B. Alexander
Commandant de l’US CyberCommand, directeur de la National Security Agency

International
Joaquín Almunia
Vice-président de la Commission européenne, Commissaire à la concurrence

Etats-Unis
Roger C. Altman
Président, Evercore Partners

Portugal
Luís Amado
Président, Banco Internacional do Funchal (BANIF)

Norvège
Johan H. Andresen
Propriétaire et Pdg, FERD

Finlande
Matti Apunen
Directeur, Finnish Business and Policy Forum EVA

Turquie
Ali Babacan
Vice-Premier ministre chargé des Affaires économiques et financières

Portugal
Francisco Pinto Balsemão
Pdg, Impresa ; Ancien Premier ministre

France
Nicolas Baverez
Associé, Gibson, Dunn & Crutcher LLP

France
Christophe Béchu
Sénateur, Président du Conseil général deMaine-et-Loire

Belgique
S.A.R Prince Philippe de Belgique

Turquie
Enis Berberoğlu
Rédacteur en chef, Hürriyet

Italie
Franco Bernabè
Pdg, Telecom Italia

Royaume-Uni
Nick Boles
Député

Suède
Jonas Bonnier
Pdg, Bonnier AB

Norvège
Svein Richard Brandtzæg
Pdg, Norsk Hydro ASA

Autriche
Oscar Bronner
Directeur de la rédaction, Der Standard Medienwelt

Suède
Gunilla Carlsson
Ministre de la Coopération et du Développement international

Canada
Mark J. Carney
Gouverneur, Bank of Canada

Espagne
Juan Luis Cebrián
Pdg, PRISA ; Président, El País

Autriche
Willibald Cernko
Pdg, UniCredit Bank Austria AG

France
Pierre André de Chalendar
Pdg, Saint-Gobain

Danemark
Jeppe Christiansen
Pdg, Maj Invest

Russie
Anatoly B. Chubais
Pdg, OJSC RussieNANO

Canada
W. Edmund Clark
Pdg, TD Bank Group

Royaume-Uni
Kenneth Clarke
Member of Parliament, Lord Chancelier et secrétaire à la Justice

Etats-Unis
Timothy C. Collins
Pdg, Ripplewood Holdings, LLC

Italie
Fulvio Conti
Pdg, Enel S.p.A.

Etats-Unis
Mitchell E. Daniels, Jr.
Gouverneur de l’Indiana

Etats-Unis
Christopher DeMuth
Chercheur, Hudson Institute

Etats-Unis
Thomas E. Donilon
Conseiller de sécurité nationale

Royaume-Uni
Robert Dudley
Directeur, BP plc

Italie
John Elkann
Président, Fiat S.p.A.

Allemagne
Thomas Enders
Pdg, Airbus

Etats-Unis
J. Michael Evans
Vice-Président, Goldman Sachs & Co.

Autriche
Werner Faymann
Chancelier fédéral

Danemark
Ulrik Federspiel
Vice-Président exécutif, Haldor Topsøe A/S

Etats-Unis
Niall Ferguson
Professeur d’histoire, Université d’Harvard

Royaume-Uni
Douglas J. Flint
Président, HSBC Holdings plc

Chine
Ying Fu
Ministre adjoint des Affaires étrangères

Irlande
Paul Gallagher
Ancien Attorney General

Etats-Unis
Richard A. Gephardt
Pdg, Gephardt Group

Grèce
Anastasios Giannitsis
Ancien ministre de l’Intérieur, professeur d’économie, Université d’Athènes

Etats-Unis
Austan D. Goolsbee
Professeur d’économie, Université de Chicago

Etats-Unis
Donald E. Graham
Pdg, The Washington PostCompany

Italie
Lilli Gruber
Présentatrice du journal télévisé, La 7 TV

International
Karel de Gucht
Commissaire européen au Commerce

Pays-Bas
Victor Halberstadt
Professeur d’économie, Université Leiden, ancien secrétaire honoraire des réunions de Bilderberg

Etats-Unis
Britt Harris
Pdg, Teacher Retirement System of Texas

Etats-Unis
Reid Hoffman
Co-fondateur et président éxécutif, LinkedIn

Chine
Yiping Huang
Professeur d’économie, Université de Beijing

Etats-Unis
Jon M. Huntsman, Jr.
Président, Huntsman Cancer Foundation

Allemagne
Wolfgang Ischinger
Président, Conférence sur la sécurité de Munich ; Chargé des relations avec les gouvernements, Allianz SE

Russie
Igor S. Ivanov
Membre associé, Académie russe des sciences ; président, Conseil russe des Affaires internationales

France
Erik Izraelewicz
Pdg, Le Monde

Etats-Unis
Kenneth M. Jacobs
Pdg, Lazard

Etats-Unis
James A. Johnson
Vice-Président, Perseus, LLC

Etats-Unis
Vernon E. Jordan, Jr.
Directeur, Lazard

Etats-Unis
Alexander Karp
Pdg, Palantir Technologies

Etats-Unis
Alexander Karsner
Président, Manifest Energy, Inc

France
Anousheh Karvar
Secrétaire nationale, CFDT

Russie
Garry Kasparov
Président, Front civil uni

Royaume-Uni
John Kerr of Kinlochard
Membre indépendant, Chambre des Lords

Etats-Unis
John Kerry
Sénateur du Massachusetts

Turquie
E. Fuat Keyman
Professeur de Relations internationales, Université Sabanci

Etats-Unis
Henry A. Kissinger
Président, Kissinger Associates, Inc.

Etats-Unis
Klaus Kleinfeld
Pdg, Alcoa

Turquie
Mustafa Koç
Président, Koç Holding A.Ş.

Allemagne
Roland Koch
Pdg, Bilfinger Berger SE

International
Bassma Kodmani
Membre du Bureau exécutif, Conseil national syrien

Etats-Unis
Henry R. Kravis
Co-Pdg, Kohlberg Kravis Roberts & Co.

Etats-Unis
Marie-Josée Kravis
Chercheuse, Hudson Institute

International
Neelie Kroes
Vice-Présidente de la Commission européenne, Commissaire européenne chargée de la société numérique

Etats-Unis
Fred Krupp
Président, Environmental Defense Fund

International
Pascal Lamy
Directeur général, Organisation mondiale du Commerce

Italie
Enrico Letta
Leader adjoint, Parti démocratique (PD)

Israël
Ariel E. Levite
Associé non-résident,
Carnegie Endowment for International Peace

Etats-Unis
Cheng Li
Directeur de recherche,
Brookings Institution

Etats-Unis
John Lipsky
Professeur invité, Université Johns Hopkins

Etats-Unis
Andrew N. Liveris
Pdg, The Dow Chemical Company

Allemagne
Peter Löscher
Pdg, Siemens AG

Etats-Unis
William J. Lynn
Pdg, DRS Technologies, Inc.

Royaume-Uni
Peter Mandelson
Membre, Chambre des Lords ; Président, Global Counsel

Etats-Unis
Jessica T. Mathews
Président,
Carnegie Endowment for International Peace

Danemark
Jacob Mchangama
Directeur juridique, Center for Political Studies (CEPOS)

Canada
Frank McKenna
Vice-Président, TD Bank Group

Etats-Unis
Kenneth B. Mehlman
Associé, Kohlberg Kravis Roberts & Co.

Royaume-Uni
John Micklethwait
Rédacteur en chef, The Economist

France
Thierry de Montbrial
Président, Institut français des Relations internationales (IFRI)

Portugal
Jorge Moreira da Silva
Premier Vice-Président, Parti social-démocrate (PSD)

Etats-Unis
Craig J. Mundie
Directeur de la stratégie, Microsoft Corporation

Allemagne
Matthias Nass
Chef de la rubrique internationale, Die Zeit

Pays-Bas
S. A. R. la reine des Pays-Bas

Espagne
Juan María Nin Génova
Pdg, Caixabank

Irlande
Michael Noonan
Ministre des Finances

Etats-Unis
Peggy Noonan
Editorialiste, The Wall Street Journal

Finlande
Jorma Ollila
Président,
Royal Dutch Shell, plc

Etats-Unis
Peter R. Orszag
Vice-Président, Citigroup

Grèce
Dimitri Papalexopoulos
Directeur, Titan Cement Co.

Pays-Bas
Alexander Pechtold
Président du groupe parlementaire, Democrats ’66 (D66)

Etats-Unis
Richard N. Perle
Chercheur,
American Enterprise Institute

Pays-Bas
Paul Polman
Pdg, Unilever PLC

Canada
J. Robert S. Prichard
Président, Torys LLP

Israël
Itamar Rabinovich
Professeur, Université de New York

Royaume-Uni
Gideon Rachman
Chef des édiorialites internationaux, The Financial Times

Etats-Unis
Steven Rattner
Président, Willett Advisors LLC

Canada
Alison M. Redford
Premier ministre d’Alberta

Canada
Heather M. Reisman
Pdg, Indigo Books & Music Inc.

Allemagne
Wolfgang Reitzle
Pdg, Linde AG

Etats-Unis
Kenneth S. Rogoff
Professeur d’économie, Université d’Harvard

Etats-Unis
Charlie Rose
Présentateur, CBS

Etats-Unis
Dennis B. Ross
Conseiller, Washington Institute for Near East Policy (AIPAC)

Pologne
Jacek Rostowski
Ministre des Finances

Etats-Unis
Robert E. Rubin
Coprésident,
Conseil des Relations étrangères (CFR), ancien secrétaire au Trésor

Pays-Bas
Mark Rutte
Premier ministre

Espagne
Soraya Sáenz de Santamaría Antón
Vice-président du gouvernement

Pays-Bas
Paul Scheffer
Professeur d’études européennes, Université Tilburg

Etats-Unis
Eric E. Schmidt
Président, Google Inc.

Autriche
Rudolf Scholten
Directeur, Oesterreichische Kontrollbank AG

France
Jean-Dominique Senard
Pdg, Michelin

Etats-Unis
David Shambaugh
Directeur de recherches sur la Chine, Université George Washington

International
Josette Sheeran
Vice-Président, Forum économique mondial de Davos

Finlande
Risto Siilasmaa
Président, Nokia Corporation

Etats-Unis
Jerry I. Speyer
Co-Pdg, Tishman Speyer

Suisse
Pietro Supino
Editeur, Tamedia AG

Irlande
Peter D. Sutherland
Président, Goldman Sachs International

Etats-Unis
Peter A. Thiel
Président, Clarium Capital / Thiel Capital

Turquie
Serpil Timuray
Pdg, Vodafone Turquie

Allemagne
Jürgen Trittin
Président du groupe parlementaire, Alliance 90/Les Verts

Grèce
Loukas Tsoukalis
Président, Hellenic Foundation for European and Foreign Policy

Finlande
Jutta Urpilainen
Ministre des Finances

Suisse
Daniel L. Vasella
Président, Novartis AG

International
Pierre Vimont
secrétaire général exécutif, Service européen pour l’action extérieure

Royaume-Uni
Peter Voser
Pdg,
Royal Dutch Shell plc

Suède
Jacob Wallenberg
Président, Investor AB

Etats-Unis
Kevin Warsh
Chercheur,
The Hoover Institution

Royaume-Uni
Martin H. Wolf
Chef des éditorialistes économiques, The Financial Times

Etats-Unis
James D. Wolfensohn
Pdg, Wolfensohn and Company

Canada
Nigel S. Wright
Chef de cabinet du Premier ministre

Etats-Unis
Daniel Yergin
Président, IHS Cambridge Energy Research Associates

International
Robert B. Zoellick
Président, The World Bank Group

 

2- Ce que vous ignorez sur le Groupe de Bilderberg

par Thierry Meyssan

Depuis plusieurs années, l’idée s’est répandue que le Groupe de Bilderberg serait un embryon de gouvernement mondial. Ayant eu accès aux archives de ce club très secret, Thierry Meyssan montre que cette description est une fausse piste utilisée pour masquer la véritable identité et fonction du Groupe : le Bilderberg est une création de l’OTAN. Il vise à convaincre des leaders et à manipuler l’opinion publique à travers eux pour la faire adhérer aux concepts et aux actions de l’Alliance atlantique.

RÉSEAU VOLTAIRE | MOSCOU (RUSSIE) | 9 AVRIL 2011

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Première réunion du Groupe, à l’hôtel Bilderberg (1954)

Chaque année, depuis 1954, une centaine des plus éminentes personnalités d’Europe de l’Ouest et d’Amérique du Nord se réunissent —à huis clos et sous très haute protection— au sein du Groupe de Bilderberg. Leur séminaire dure trois jours et rien ne transparait de leurs débats.

Depuis la dislocation de l’Union soviétique, des journalistes se sont intéressés à cette organisation élitiste et secrète. Certains auteurs y ont vu un embryon de gouvernement mondial et lui attribuent les principales décisions politiques, culturelles, économiques et militaires de la seconde moitié du XXe siècle. Une interprétation qu’a relayée Fidel Castro, mais que rien n’est venue confirmer, ni infirmer.

Pour savoir ce qu’est ou n’est pas le Groupe de Bilderberg, j’ai cherché des documents et des témoins. J’ai eu accès à l’intégralité de ses archives pour la période 1954-1966 et à de nombreuses pièces ultérieures, et j’ai pu discuter avec un de ses anciens invités que je connais de très longue date. Aucun journaliste à ce jour, et certainement pas les auteurs à succès qui ont popularisé les clichés actuels, n’a eu accès à tant de documents internes du Bilderberg.

Voici ce que j’ai découvert et compris.

La première réunion

70 personnalités, issues de 12 pays, participent à la première réunion du Groupe. C’est un séminaire de trois jours, du 29 au 31 mai 1954, près d’Arnhem (Pays-Bas). Les invités sont répartis dans deux autres hôtels avoisinants, mais les débats se tiennent dans l’établissement principal qui donna son nom au Groupe.

Les invitations, à en-tête du Palais de Soestdijk, sont sybillines. : « J’apprécierais vivement votre présence au congrès international, sans caractère officiel, qui se tiendra aux Pays-Bas vers la fin du mois de mai. Ce congrès désire étudier un certain nombre de questions d’une grande importance pour la civilisation occidentale et a pour but de stimuler le goodwill et l’entente réciproque grâce à un libre échange de vues ». Elles sont signées du prince consort des Pays-Bas, Bernhard zur Lippe-Biesterfeld, et accompagnées de quelques pages d’informations administratives sur le transport et l’hébergement. Tout au plus y apprend-on que les délégués seront issus des États-Unis et de 11 États ouest-européens, et que 6 séances de travail de 3 heures chacune sont prévues.

Vu le passé nazi du prince Bernhard (qui avait servi dans la cavalerie SS jusqu’à son mariage en 1937 avec la princesse Juliana) et dans le contexte du McCarthysme, il est clair que les « questions d’une grande importance pour la civilisation occidentale » tournent autour de la lutte contre le communisme.

Une fois arrivé sur place, l’impression des invités est tempérée par les deux présidents de séance : l’entrepreneur états-unien John S. Coleman et le ministre belge sortant des Affaires étrangères Paul van Zeeland. Le premier est un militant du libre-échange, le second est un partisan de la Communauté européenne de Défense (CED) [1]. Enfin, on aperçoit en bout de tribune Joseph Retinger, l’éminence grise des Britanniques. Tout cela laisse à penser que les monarchies hollandaise et britannique ont sponsorisé cette réunion pour soutenir la Communauté européenne de Défense et le modèle économique du capitalisme libre-échangiste face à l’anti-américanisme que promeuvent communistes et gaullistes.

Cependant, les apparences sont trompeuses. Il ne s’agit pas de faire campagne pour la CED, mais de mobiliser les élites pour la Guerre froide.

S.A.R. le prince Bernhard a été choisi pour convoquer ce congrès parce que son statut de prince consort lui donne un caractère étatique sans pour autant être officiel. Il masque le commanditaire : une organisation inter-gouvernementale qui entend manipuler les gouvernements de certains de ses États membres.

John S. Coleman n’est pas encore le président de la Chambre de Commerce des États-Unis, mais il vient de créer le Comité des citoyens pour une politique nationale du Commerce (Citizen’s Committee for a National Trade Policy — CCNTP). Selon lui, le libre-échange absolu, c’est-à-dire le renoncement à tous les droits de douane, permettra aux pays alliés des États-Unis d’accroître leur richesse et de financer la Communauté européenne de Défense (c’est-à-dire de réarmer l’Allemagne et d’intégrer sa puissance militaire potentielle au sein de l’OTAN)

Or, les documents en notre possession montrent que le CCNTP n’a de citoyen que le nom. C’est en réalité une initiative de Charles D. Jackson, le conseiller en guerre psychologique de la Maison-Blanche. L’opération est pilotée en amont par William J. Donovan, l’ancien commandant de l’OSS (le service de renseignement US durant la guerre) désormais chargé d’édifier la branche américaine du nouveau service secret de l’OTAN, le Gladio [2].

Paul van Zeeland n’est pas seulement le promoteur de la Communauté européenne de Défense, c’est aussi un politicien de grande expérience. À la Libération, il a présidé la Ligue indépendante de coopération européenne (LICE) dont l’objectif est de créer une union douanière et monétaire. Cette organisation a été mise en place par Joseph Retinger, déjà cité.

Précisément Retinger, qui fait office de secrétaire du congrès de Bilderberg, a servi durant la guerre dans les services secrets anglais (SOE) du général Colin Gubbins. Aventurier polonais, Retinger s’est retrouvé conseiller du gouvernement Sikorski en exil au Royaume-Uni. À Londres, il a animé le microsome des gouvernements en exil se faisant ainsi le plus beau carnet d’adresse de l’Europe libérée.

Son ami Sir Gubbins a officiellement quitté le service et le SOE a été dissout. Il dirige une petite entreprise de tapis et textiles, qui lui sert de « couverture ». En réalité, aux côtés de son homologue Donovan, il est chargé de créer la branche anglaise du Gladio. Il a participé à toutes les réunions préparatoires du congrès de Bilderberg et est présent parmi les invités, assis à côté de Charles D. Jackson.

À l’insu des participants, ce sont donc les services secrets de l’OTAN qui sont la puissance invitante. Bernhard, Coleman et van Zeeland servent de paravents.

N’en déplaise aux journalistes imaginatifs qui ont cru discerner dans le Bilderberg une volonté de créer un gouvernement occulte mondial, ce club de personnalités influentes n’est qu’un outil de lobbying de l’OTAN pour la promotion de ses intérêts. C’est beaucoup plus sérieux et beaucoup plus dangereux, car c’est l’OTAN qui ambitionne d’être un gouvernement occulte mondial garantissant la pérennité du statu quo international et de l’influence US.

D’ailleurs, la sécurité de chaque réunion ultérieure ne sera pas assurée par la police du pays hôte, mais par les soldats de l’Alliance.

Parmi les dix orateurs inscrits, on relève deux anciens Premiers ministres (Guy Mollet, France et Alcide de Gasperi, Italie), trois responsables du Plan Marshall, le faucon de la Guerre froide (Paul H. Nitze) et surtout un très puissant financier (David Rockefeller).

Selon les documents préparatoires, une vingtaine de participants sont dans la confidence. Ils savent plus ou moins en détail qui sont les tireurs de ficelles et ont rédigé à l’avance leurs interventions. Les moindres détails ont été ajustés et il n’y a aucune part d’improvisation. Au contraire, la cinquantaine d’autres participants ignore tout de ce qui se trame. Ils ont été choisis pour influencer leurs gouvernements respectifs et l’opinion publique de leur pays. Le séminaire est donc organisé pour les convaincre et pour les pousser à s’engager à propager les messages que l’on veut diffuser.

Les interventions ne portent pas sur les grands problèmes internationaux, mais analysent la stratégie idéologique supposée des Soviétiques et exposent la manière dont elle doit être contrée dans le « monde libre ».

Les premières interventions évaluent le danger communiste. Les « communistes conscients » sont des individus qui entendent placer leur patrie au service de l’Union soviétique afin d’imposer au monde un système collectiviste. Ils doivent être combattus. Mais cette lutte est difficile car ces « communistes conscients » sont noyés en Europe dans une masse d’électeurs communistes qui ignorent tout de leurs sombres desseins et les suivent dans l’espoir de meilleures conditions sociales.

Progressivement, la rhétorique se durcit. Le « monde libre » doit affronter le « complot communiste mondial », non seulement de manière générale, mais aussi en répondant à des questions concrètes sur les investissements états-uniens en Europe ou sur la décolonisation.

Enfin, les orateurs en arrivent au problème principal —que les Soviétiques, assurent-ils, exploitent à leur profit— : pour des raisons culturelles et historiques, les responsables politiques du « monde libre » emploient des arguments différents aux États-Unis et en Europe, arguments qui se contredisent parfois. Le cas le plus emblématique est celui des purges organisées par le sénateur McCarthy aux États-Unis. Elles sont indispensables pour sauver la démocratie, mais la méthode choisie est ressentie en Europe comme une forme de totalitarisme.

Le message final, c’est qu’aucune négociation diplomatique, aucun compromis n’est possible avec les « Rouges ». Il faut empêcher coûte que coûte les communistes de jouer un rôle en Europe occidentale, mais il va falloir ruser : comme on ne peut pas les arrêter et les fusiller, il faudra les neutraliser avec discrétion, sans que leurs électeurs eux-mêmes s’en rendent compte. Bref, l’idéologie qui est développée, c’est celle de l’OTAN et du Gladio. Il n’a jamais été dit que l’on truquerait les élections, ni que l’on assassinerait les tièdes, mais tous les participants ont admis que pour sauver le « monde libre », il faudrait mettre la liberté entre parenthèses.

Bien que le projet de Communauté européenne de Défense (CED) ait échoué trois mois plus tard sous les coups de boutoir des députés communistes et « nationalistes extrémistes » (c’est-à-dire gaullistes) au Parlement français, le congrès fut considéré comme un succès. Malgré les apparences, il n’avait pas pour but de soutenir la création de la CED ou toute autre mesure politique précise, mais de diffuser une idéologie dans la classe dirigeante, puis à travers elle dans la société. Objectivement, les Européens de l’Ouest avaient de moins en moins conscience des libertés dont ils étaient privés et ils étaient de plus en plus informés des libertés qui faisaient défaut aux habitants de l’Europe de l’Est.

Le Bilderberg devient une organisation

Un second congrès est donc organisé en France, du 18 au 20 mars 1955. À Barbizon.

Progressivement l’idée que ces congrès seront annuels et qu’ils nécessitent un secrétariat permanent s’impose. Le prince Bernhard se met en retrait lorsqu’il est pris en flagrant délit de trafic d’influence (scandale Lockheed-Martin). Il cède à l’ancien Premier ministre britannique Alec Douglas Home (1977-80), la présidence qui sera ensuite tenue par l’ancien chancelier et président allemand Walter Scheel (1981-85), l’ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre Eric Roll (1986-89), l’ancien secrétaire général de l’OTAN Peter Carrington (1990-98), et enfin l’ancien vice-président de la Commission européenne Étienne Davignon (depuis 1999).

Pendant longtemps, le président du Groupe de Bilderberg est assisté de deux secrétaires généraux, un pour l’Europe et le Canada (les États vassaux), l’autre pour les États-Unis (le suzerain), cependant, il n’y a plus qu’un seul secrétaire général depuis 1999.

D’une année sur l’autre, les débats sont très redondants, c’est pourquoi les invités changent. Il y a toujours un noyau dur qui a préparé le séminaire à l’avance et des nouveaux venus à qui l’on inculque la rhétorique atlantiste du moment.

Actuellement, les séminaires annuels rassemblent plus de 120 participants, dont toujours un tiers forment le noyau dur. Ils ont été sélectionnés par l’Alliance en fonction de l’importance de leurs relations et de leur capacité d’influence, indépendamment de leurs fonctions dans la société. Ainsi, ils restent membres du noyau dur lorsqu’ils changent de métier.

Voici la liste exacte de ce noyau dur, incluant les membres du Conseil d’administration, qui servent de devanture pour les invités, et des membres moins visibles pour ne pas effaroucher les nouveaux venus.

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Étienne Davignon, secrétaire général du Groupe de Bilderberg

Conseil d’administration

Josef Ackermann
Banquier suisse, directeur de la Deutsche Bank, vice-président du Forum de Davos.

Roger C. Altman
Banquier états-unien, ancien conseiller des campagnes électorales de John Kerry et Hillary Clinton, directeur de la banque d’affaire Evercore Partners Inc.

Francisco Pinto Balsemão
Ancien Premier ministre socialiste du Portugal (1981-83), président-fondateur du plus important groupe de télévision portugais SIC. (T)

Fran Bernabè
Banquier italien, actuel patron de Telecom Italia (T)

Henri de Castries
Pdg de l’assureur français AXA

Juan Luis Cebrián
Directeur du groupe de presse écrite et audiovisuel espagnol Prisa.

W. Edmund Clark
Banquier canadien, PDF de Toronto-Dominion Bank Financial Group

Kenneth Clarke
Ancien vice président de British American Tobacco (1998-2007), Garde des sceaux et ministre britannique de la Justice, vice-président du Mouvement européen UK.

George A. David
Pdg de Coca-Cola.

Étienne Davignon
Homme d’affaire belge, ancien vice-président de la Commission européenne (1981-85), actuel vice-président de Suez-Tractebel.

Anders Eldrup
Pdg de la société danoise des gaz et pétrole DONG Energy.

Thomas Enders
Directeur d’Airbus.

Victor Halberstadt
Professeur d’économie à l’université néerlandaise de Leiden, il conseille diverses sociétés telles que Goldman Sachs ou Daimler-Chrysler.

James A. Johnson
Financier états-unien, il fut un des principaux responsables du Parti démocrate et un des artisans de l’investiture de Barack Obama. Il est vice-président de la banque d’affaire Perseus.

John Kerr of Kinlochard
Ancien ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, vice-président du groupe pétrolier Royal Dutch Shell (T)

Klaus Kleinfeld
Pdg allemand du géant états-unien de l’aluminium, Alcoa.

Mustafa V. Koç
Pdg de la holding Koç, première entreprise turque.

Marie-Josée Drouin-Kravis
Éditorialiste économique dans la presse écrite et audiovisuelle canadienne. Chercheuse au très militariste Hudson Institute. Elle est la troisième épouse de Henry Kravis.

Jessica T. Mathews
Ancienne directrice des affaires globales au Conseil de sécurité nationale des Etats-Unis. Actuelle directrice de la Fondation Carnegie.

Thierry de Montbrial
Économiste, directeur-fondateur de l’Institut français des relations internationales (IFRI) et de la World Policy Conference.

Mario Monti
Économiste italien, ancien commissaire européen à la concurrence (1999-2005), co-fondateur du Spinelli Group pour le fédéralisme européen.

Egil Myklebust
Ancien président du patronat norvégien, directeur de Scandinavian Airlines System (SAS).

Matthias Nass
Directeur adjoint du quotidien allemand Die Zeit

Jorma Ollila
Homme d’affaire finlandais, ancien Pdg de Nokia, actuel président du groupe pétrolier Royal Dutch Shell.

Richard N. Perle
Ancien président du Conseil consultatif de Défense du Pentagone, il est un des principaux leaders des Straussiens (les disciples de Leo Strauss) et à ce titre, une figure majeure du néo-conservatisme.

Heather Reisman
Femme d’affaire canadienne, Pdg du groupe d’édition Indigo-Chapters.

Rudolf Scholten
Ancien ministre autrichien des Finances, gouverneur de la Banque centrale.

Peter D. Sutherland
Ancien commissaire européen irlandais à la concurrence, puis directeur général de l’Organisation mondiale du Commerce.Ancien directeur de BP. Actuel président de Goldman Sachs International. Ancien président de la section européenne de la Commission trilatérale, et vice-président de l’European Round Table of Industrialists, actuel président d’honneur du Mouvement européen Irlande.

J. Martin Taylor
Ancien député britannique, Pdg du géant de la chimie et de l’agroalimentaire Syngenta.

Peter A. Thiel
Chef d’entreprise états-unien, Pdg de PayPal, président de Clarium Capital Management et à ce titre actionnaire de Facebook.

Daniel L. Vasella
Pdg du groupe pharmaceutique suisse Novartis.

Jacob Wallenberg
Banquier suédois, il est administrateur de nombreuses compagnies transnationales.

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Henry Kissinger, principal responsable des invitations au Groupe de Bilderberg

Membres cachés du noyau dur

Carl Bildt
Ancien Premier ministre libéral de Suède (1991-94), ancien envoyé spécial de l’Union européenne puis de l’ONU dans les Balkans (1995-97, 1999-2001), actuel ministre suédois des Affaires étrangères. (T)

Oscar Bronner
Pdg du quotidien autrichien Der Standard.

Timothy C. Collins
Financier états-unien, directeur du fond de placement Ripplewood. (T)

John Elkann
PDG du groupe italien d’automobile Fiat (son grand-père Gianni Agnelli fut pendant quarante ans un des animateurs du Groupe de Bilderberg. Il a hérité de la fortune familiale après le décès de mort naturelle de son grand-père Giovanni et la mort prématurée de son oncle Edoardo. Cependant, des sources policières sont convaincues que Edoardo a été assassiné après qu’il se soit converti à l’islam chiite, de sorte que la fortune revienne à la branche juive de la famille).

Martin S. Feldstein
Ancien conseiller économique de Ronald Reagan (1982-84), et actuel conseiller économique de Barack Obama. Il a aussi été conseiller de George W. Bush pour le Renseignement extérieur. Il enseigne à Harvard. (T)

Henry A. Kissinger
Ancien conseiller de sécurité nationale des Etats-Unis et secrétaire d’Etat, personnalité centrale du complexe militaro-industriel US, actuel président de la société de conseil Kissinger Associates.

Henry R. Kravis
Financier états-unien gestionnaire du fond de placement KKR. Il est un des principaux collecteurs de fonds du Parti républicain.

Neelie Kroes
Ancienne ministre néerlandaise libérale des Transports, commissaire européenne à la concurrence, et actuelle commissaire à la société numérique.

Bernardino Léon Gross
Diplomate espagnol, secrétaire général de la présidence du gouvernement socialiste de José-Luis Zapatero.

Frank McKenna
Ancien membre de la Commission de surveillance des services de renseignement canadiens, ambassadeur du Canada à Washington (2005-06), vice-président de la Banque Toronto-Dominion.

Beatrix des Pays Bas
Reine de Hollande. Elle est la fille du prince Bernhard.

George Osborne
Ministre britannique des Finances. Ce néo-conservateur est considéré comme un eurosceptique. Il faut comprendre par là qu’il est opposé à la participation du Royaume-Uni à l’Union européenne, mais qu’il est partisan de l’organisation du continent au sein de l’Union.

Robert S. Prichard
Économiste canadien, directeur du groupe de presse écrite et audiovisuelle Torstar.

David Rockefeller
Le patriarche d’une longue lignée de financiers. Il est le plus ancien membre du noyau dur des Bilderbergers. Il est également le président de la Commission Trilatérale, une organisation similaire intégrant des participants asiatiques.

James D. Wolfensohn
Financier australien ayant pris la nationalité états-unienne pour devenir président de la Banque mondiale (1995-2005), aujourd’hui directeur du cabinet conseil Wolfensohn & Co.

Robert B. Zoellick
Diplomate états-unien, ancien délégué au Commerce des États-Unis (2001-05), actuel président de la Banque mondiale.

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David Rockefeller, conseiller du Groupe de Bilderberg

Les Bilderbergers n’engagent pas les entreprises ou institutions dans lesquelles, ils travaillent. Cependant, il est intéressant d’observer la diversité de leurs secteurs d’activité.

Le lobby de la plus puissante organisation militaire mondiale

Au cours des dernières années, le nombre de sujets abordés lors des séminaires annuels a augmenté en fonction de l’actualité internationale. Mais cela ne nous apprend rien, car ces discussions n’ont aucun objet en elles-mêmes, elles sont juste des prétextes pour faire passer des messages. Malheureusement, nous n’avons pas eu accès aux documents préparatoires les plus récents et ne pouvons que supputer sur les mots d’ordre que l’OTAN s’efforce de diffuser via ces leaders d’opinion.

La réputation du Groupe de Bilderberg a conduit certains auteurs à lui attribuer des capacités de nomination. C’est stupide et cela masque les vrais tireurs de ficelles qui se trouvent au sein de l’Alliance atlantique.

Par exemple, on a rapporté que durant la dernière campagne électorale présidentielle aux États-Unis, Barack Obama et Hillary Clinton ont disparu durant une journée, le 6 juin 2008, pour négocier à l’écart la fin de leur rivalité. Ils se sont en réalité rendus au séminaire annuel du Groupe de Bilderberg, à Chantilly (Virginie, USA). Or, le lendemain, Mme Clinton annonçait qu’elle se retirait de la course. Certains auteurs en ont conclu que la décision a été prise au cours de la réunion du Bilderberg. Ce n’est pas logique, dans la mesure où cette décision était certaine depuis trois jours vu le nombre de voix du sénateur Obama au sein du comité d’investiture du Parti démocrate.

Selon notre source, c’est autre chose qui s’est passé. Barack Obama et Hillary Clinton ont conclu à l’écart un accord financier et politique. Le sénateur Obama a renfloué les caisses de sa rivale et lui a offert un poste dans son administration (Mme Clinton a refusé la vice-présidence et a choisi le département d’État) en échange de son soutien actif durant la campagne contre le candidat républicain. Puis, les deux leaders ont été introduits par James A. Johnson au séminaire du Bilderberg où ils ont assuré les participants qu’ils travailleraient ensemble. Depuis longtemps déjà, Barack Obama était le candidat de l’OTAN. M. Obama et sa famille ont toujours travaillé pour la CIA et le Pentagone [3]. De plus, les premiers financements de sa campagne ont été fournis par la Couronne d’Angleterre via l’homme d’affaire Nadhmi Auchi. En présentant le sénateur noir aux Bilderbergers, l’Alliance atlantique organisait à l’échelle internationale les relations publiques du futur président des États-Unis.

De même, on a rapporté que le Groupe de Bilderberg a organisé un dîner impromptu, hors séminaire, le 14 novembre 2009 au Château de Val Duchesse, propriété du roi de Belgique. L’ancien Premier ministre belge Herman von Rompuy y a prononcé un discours. Or, cinq jours plus tard, il fut élu président du Conseil européen. Là encore, certains auteurs en on conclu à tort que le Groupe de Bilderberg était le « faiseur de roi ».

En réalité, le président de l’Union européenne ne pouvait pas être choisi en dehors des cercles de l’OTAN, puisque —rappelons-le— l’Union européenne est issue des clauses secrètes du Plan Marshall. Et ce choix devait être avalisé par les États membres. Ce type de décision nécessite de longues négociations et ne se prend pas lors d’un dîner entre amis.

Toujours selon notre source, le président du Groupe de Bilderberg, Étienne Davignon, a convoqué ce dîner exceptionnel pour présenter van Rompuy à ses relais d’influence. La chose était d’autant plus indispensable que la première personnalité à occuper la nouvelle fonction de président de l’Union était totalement inconnue en dehors de son pays. Au cours du repas, M. Van Rompuy a exposé son programme de création d’un impôt européen pour financer directement les institutions de l’Union sans passer par les États membres. Il restait aux Bilderbergers à clamer partout où ils le pouvaient qu’ils connaissent Herman von Rompuy et attestent de ses qualités pour présider l’Union.

La réalité du Groupe de Bilderberg est donc moins romantique que certains auteurs à succès l’ont imaginée. L’incroyable déploiement de forces militaires pour assurer sa sécurité n’a pas tant pour objet de le protéger que d’impressionner ceux qui y participent. Il ne manifeste pas leur puissance, mais leur montre que la seule vraie puissance en Occident, c’est l’OTAN. Libre à eux de la soutenir et d’être appuyés par elle, ou de la combattre et d’être inexorablement écrasés.

En outre, bien que le Groupe de Bilderberg ait développé à ses débuts une rhétorique anti-communiste, il n’était pas tourné contre l’URSS et n’est pas aujourd’hui tourné contre la Russie. Il suit la stratégie de l’Alliance qui n’est pas un Pacte contre Moscou, mais pour la défense —et éventuellement l’extension— de la zone d’influence de Washington. À sa création, l’OTAN avait espéré intégrer l’Union soviétique, ce qui aurait équivalu à un engagement de Moscou de ne pas remettre en cause le partage du monde issu des conférences de Postdam et de Yalta. Récemment l’Alliance a accueilli le président Dmitry Medvedev au sommet de Lisbonne et lui a proposé que la Russie se joigne à elle. Il ne s’agirait pas alors d’une vassalisation, mais de la reconnaissance du Nouvel Ordre Mondial, dans lequel toute l’Europe centrale et orientale est passée dans l’orbite états-unienne. Une adhésion russe vaudrait en quelque sorte traité de paix : Moscou reconnaitrait sa défaite dans la Guerre froide et le nouveau partage du monde.

Dans ce cas, le Groupe de Bilderberg inviterait des personnalités russes à ses réunions annuelles. Il ne leur demanderait pas d’influer l’opinion publique russe pour l’américaniser, mais pour la convaincre de renoncer définitivement aux rêves de grandeur du passé.

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No de billet: 313-21-70-31-1

mercredi 4 juillet 2012

Sombres prédictions sur un crash mondial????

Je reproduis ici un excellent billet de Gold-up
Comment 3 personnalités annoncent la banqueroute générale en 2013

Si certains d'entre vous se demandent comment et quand la Grande Débâcle va se manifester,Gold-up vous propose de lire l'avis de trois hommes de premier plan. L'un étudie l'histoire monétaire depuis plus de 40 ans, l'autre est professeur d'économie dans une célèbre Université de New-York et prévoyait depuis 2005 la crise des "subprime", et le troisième supervise les comptes publics de la France.

1- Sur King World News, Bill Haynes pense que :

"Chaque jour qui passe, la situation mondiale continue de se détériorer. Nous sommes face à une situation où l'or se négocie en parallèle du dollar. "

Ou encore :

"Vous avez essentiellement ces pays insolvables qui font imprimer de l'argent et le "donnent" à leurs banques. Ensuite, les banques achètent des obligations souveraines de ces pays insolvables. C'est une chaine de Ponzi !"

A la réponse à la question : "Comment les choses vont-elles se terminer ?"

Bill Hayes répond ceci :

En Europe, deux concepts se font face :

  • Le concept de l'austérité
  • La philosophie de la croissance

"La philosophie de la croissance est un euphémisme par l'impression de plus d'argent, et ils vont imprimer de l'argent jusqu'à ce qu'il ne valle plus rien ... D'abord le dollar et l'euro seront détruits dans l'inflation. Il s'en suivra la destruction du yen et des autres monnaies".

2- Nouriel Roubini : "La Parfaite Tempête Economique explosera en 2013 au niveau mondial".

Pour l'instant, les gouvernements parviennent à repousser les échéances par différents artifices comptables et les contiendront jusqu'à la fin de l'année 2012.

Roubini s'est abstenu de toute prévision précise sur le PIB ou les niveaux des marchés boursiers, mais a déclaré que le dommage sera généralisé.

3- Didier Migaud, Président de la Cour des Comptes, annonce-t-il publiquement la faillite de la France en 2013 ?

"Il y a danger si la France ne respecte pas ses objectifs, il y a danger si un traitement n'est pas appliqué dès aujourd'hui, à devoir avoir un traitement beaucoup plus douloureux, beaucoup plus lourd demain et surtout de se le voir imposer par les créanciers et les partenaires européens"

En d'autres termes, imaginez un expert-comptable d'une entreprise jetant sur le bureau du directeur le même rapport sur l'état de santé de sa société. Le patron sait qu'il doit modifier immédiatement son mode de gestion s'il ne souhaite pas avoir à faire à un liquidateur judiciaire.
Malgré cela, le gouvernement semble ne pas entendre qu'il court à sa propre faillite avec toutes les conséquences sociales que cela implique !
Il continue de se comporter comme un enfant gâté et irresponsable en continuant à dépenser sans compter avec la carte de crédit revolving de son père fauché :

"Le gouvernement Ayrault a balayé pour le moment l'hypothèse d'une hausse de la TVA, pour ne pas pénaliser la consommation.."


Cette attitude qui ne vise qu'à satisfaire des promesses électorales devrait être considérée comme une intention délibérée de nuire aux intérêts de l'Etat menant à des troubles de l'ordre public...

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2 commentaires:
  1. Sweetwave3 juillet 2012 08:58

    Le délit d'initié peut s'effectuer sur la finance, la bourse ou les plans sociaux. Les bénéficiaires en sont le conseil d'administration, le PDG, les spéculateurs, les gros actionnaires ou les autorités de surveillance des marchés (qui collaborent).
    Il faut avoir une information privilégiée, c'est à dire que les bénéficiaires (PDG,ect...) savent par avance les perspectives d'évolutions pour des actions, des contrats ou des hausses de prix. Il peut s'agir de bénéfices futurs ou de prochaines difficultés d'une société.
    Par exemple, des informations précises sur le montant exact des bénéfices ou des pertes qui seront annoncés, la connaissance de signatures de gros contrats ou sur les futures restructurations et plans sociaux avenir. Les bénéficiaires réalisent ses opérations financières par des personnes interposées (ex : les spéculateurs), ainsi il y a une volonté d'absence de preuve car ils les ont commandités.
    Les commissions monétaires pour les personnes interposées peuvent parfois s'élever en centaines de millions d'euros ou de dollars. Comme ce fût le cas pour l'affaire Elf. Ce qui logiquement génèrent des bénéfices bien plus élevés si on est bénéficiaire, et si les délits (d'initiés) sont nombreux.
    Même si une condamnation judiciaire existe, ce qui est rarement le cas comme pour Enron ou Worldcom, c'est à dire des peines d'emprisonnements quasi-inexistante, ceci incluant la corruption judiciaire. Pour l'amende, elle sera toujours moindre que les gains réalisés (ex : Elf), et même pour des restructurations à but de délocalisations ou des plans sociaux.

    Répondre

  2. Anonyme4 juillet 2012 08:34

    Bonjour,
    La chaine de Ponzi est seulement visible quand ses maillons cèdent un à un. Malgré les avis sur le sujet des géopoliticiens depuis la décennie 90, ex : géopolitique du chaos d'Ignaso Ramonet, Mondialisation.ca de Michel Chossudowski, Voltaire de Thierry Meyssan ..., aucun politicien ne semble avoir une vision juste de notre monde. Inféodés, corrompus, muselés ou assassinés, ils sont les premières victimes de la main marionnettiste qui manipule le joystick des circuits imprimés fichés entre leurs oreilles par la matrice.
    Il est grand temps que les humains aient le discernement ad hoc pour comprendre qui se cache derrière cette main et quel est son but.
    Cordialement
    Un chercheur de vérité agitateur de consciences

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No de billet 182-21-70-40-1

jeudi 10 mai 2012

La neutralité des médias sociaux impossible???

Voici mon commentaire que j’ai fait à un billet de la revue l’ACTUALITÉ  Les médias sociaux ne sont pas l'opinion publique

Sur le fond je suis entièrement d'accord avec votre propos. Toutefois si les médias sociaux ne sont pas l'opinion publique, les médias traditionnelles le sont encore moins.

Les analystes télé ou radio sur différents sujets sont avant tout des vendeurs...des vendeurs, des spinners et des gens qui ont comme fonction d'essayer d'influencer l'opinion publique. Eux non plus ne sont pas l’opinion publique.

Quand on entend des Jean Lapierre spinner que l'offre du gouvernement du PLQ dans le conflit étudiant est une entente gagnante-gagnante...ayoye...Quand on entend Liza Frulla radoté le point de vue du PLQ et du PLC...ayoye l'opinion publique neutre....


Je crois que les médias sociaux sont une force grandissante et bénéfique pour la démocratie en générale...les médias sociaux seront dans l’avenir un outil de communication hyper puissante qui va favoriser la mobilisation du peuple à la chose publique. Les médias sociaux vont redonner le pouvoir aux personnes qui doivent absolument l’avoir….je parle du peuple….J’appelle ca la E-Démocratie. (
voir ici  ) Les médias sociaux et internet vont révolutionner l’interaction entre les personnes et leur gouvernement. La neutralité des médias sociaux impossible??? Ma foi c’est tant mieux.

Voilà et vlan dans les dents…

No de billet: 951-21-50-01-1

mercredi 9 mai 2012

L’Islande….un exemple à suivre ABSOLUMENT

Je reproduis un excellent billet publié sur: Médiapart

 

Après son refus de payer sa dette, l’Islande fera le triple de la croissance de l’UE en 2012

24 Janvier 2012 Par la garnie

23 janvier 2012 Posté par benji sous Argent et politique 12 commentaires

Je ne cesserai jamais de répéter que l’Islande est LE pays à prendre en exemple,même s’il est complètement ignoré des médias, s’il est loin ou quelle qu’en soit la raison pour ne pas en parler, c’est le pays à suivre! Payer pour les banques? Même pas en rêve, là bas ils ont été emprisonnés! Sauver les banques? Elles ont été nationalisées. Quand à la croissance actuelle, elle se porte au mieux.

Islande a terminé l’année 2011 avec une croissance économique de 2,1% et selon les prévisions de la Commission européenne, elle va faire le triple du taux de croissance attendu pour l’UE en 2012 (La croissance de l’UE est prévue à 0,5% en 2012 contre 1,5% en Islande). Pour 2013 la croissance devrait atteindre 2,7%, principalement à cause de la création d’emplois. L’Islande est le pays qui a nationalisé les banques privées et qui a emprisonné les banquiers responsables de la crise.L’Islande a été le seul pays européen qui a rejeté par un référendum citoyen le sauvetage des banques privées, laissant s’effondrer certaines d’entre elles et jugeant de nombreux banquiers pour leurs crimes financiers.

Pendant ce temps dans un pays comme l’Espagne, le ministre l’économie qui fut un grand responsable chez Lehman Brothers, a maquillé les soldes bancaires et a gonflé les résultats pour faire croire à une solvabilité du système financier résultant de la dérèglementation des marchés mais ce dernier a fini par s’effondrer.

Glitnir, Landsbankinn et Kaupthing furent les banques nationalisées en 2008 pour éviter leur faillite et qui furent placées sous contrôle démocratique, plutôt que de profiter d’injections inconditionnelles de capitaux publics, comme en Espagne ou dans les autres pays européens. En juin dernier, l’une d’elle Landsbankinn, a annoncé son intention de rembourser les intérêts aux détenteurs d’hypothèques pour compenser les citoyens de payer leurs pertes.

La révolte pacifique a débuté en 2008, sans que celle-ci soit décrite dans les pages des grands médias européens, qui ont mentionné dans des notes en bas de page que ce pays était un dangereux exemple à suivre. À la fin de 2008, l’ensemble des dette de l’Islande égalait à 9 fois son PIB. La monnaie s’est effondrée et la Bourse a suspendu ses activités après une baisse de 76%.

Le pays a fait faillite et a ensuite reçu un prêt de 2 100 millions de dollars du FMI et 2 500 millions de dollars provenant des pays nordiques et de la Russie. Le FMI, comme d’habitude, a exigé, en échange des mesures « d’ajustement » soit des coupures dans les dépenses sociales qui ont provoqué la colère de la population, la chute du gouvernement et la convocation d’élections anticipées au début de 2009 dans lesquelles la gauche a remporté la majorité absolue et provoquant l’effondrement du Parti de l’Indépendance, un parti conservateur, qui était traditionnellement la force dominante dans le pays, qui n’a conservé que 23,7% des voix.

Le Mouvement Gauche-Vert a gagné 21,7%, Alliance sociale-démocrate 29,8%, le Parti progressiste 14,8% et Mouvement des citoyens 7,2%.

Johanna Siguroardottir a été choisi pour diriger le gouvernement réunissant des sociaux-démocrates, et les écologistes de gauche. En 2010, on a mis sur pied une assemblée constituante de 25 membres, des « citoyens ordinaires » pour réformer la Constitution. Cette même année, le gouvernement a soumis à un référendum sur le paiement ou non de la dette contractée par les banques privées en faillite au Royaume-Uni et dans les Pays-Bas, mais 90% des gens ont refusé de payer.

Ses citoyens ont voté non à cause de l’effondrement de la Banque Icesave et les gouvernements de ces pays couvrent les dépôts à capitaux publics. Le FMI a gelé les prêts en espérant que l’Islande finirait par payer ses dettes illégitimes.

En septembre 2010, l’ancien Premier ministre Geir Haarde a été mis en procès pour négligence dans la gestion de la crise. Interpol a également émis un mandat d’arrêt international contre l’ancien président de Sigurdur Einarsson. En avril 2011, les citoyens ont de nouveau dit non à un nouveau référendum sur le paiement de la dette.

Après cela, au mois de décembre la banque Landsbanki a décidé de retourner une partie de la dette. Le montant total des sommes versées par Landsbanki, selon Icenews à 350 milliards de couronnes, soit environ 33% de la dette totale. Pourtant, « les comptes Icesave ne représentent seulement 4% des obligations des institutions financières du pays, soit environ 4000 millions d’euros. 96% restant ne pouvait pas être renvoyé aux créanciers, car il était complètement impossible de le faire parce que le paiements d’intérêts chaque année aurait dépassé les revenus du pays.

Dans les mots de l’économiste Jon Danielsson : « Les (banques) ont accumulé une dette égale à plusieurs fois le PIB annuel. Il n’y a aucune possibilité que les citoyens puissent payer cette dette. »

Il y a quelques jours, les responsable de la Fiscalité en Islande ont inculpé deux officiers supérieurs des banques qui ont commis des fraudes au moyen de prêts non autorisés pendant les opérations qui ont conduit à son système financier à s’effondrer en 2008 : l’ancien PDG responsable de la faillite de Glitnir, Larus Welding et le responsables des finances de l’entreprise, Gudmundur Hjaltason. Ils auraient abusé de leur position pour fournir environ 102 millions d’euros sans la permission, sans garanties de la part des bénéficiaires et sans avoir consulté le département de gestion des risques.

Les agences de notation Moody, Standard & Poor et Fitch font pression pour punir l’endettement sans grand succès et toujours en essayant d’ignorer la reprise économique dans ce pays. Par ailleurs, en 2008, quelques mois avant l’effondrement de ses banques, le pays jouissait encore de la cote triple A donnée par ces mêmes organismes.

* Journaliste.  Www.contralatortura.cl Dispatch

No de billet: 151-21-50-90-1

vendredi 4 mai 2012

Le Dictat des marchés financiers contre la démocratie

Je reproduis un excellent papi-el de Zébuzzeo
La rigueur c'est maintenant ou la rupture avec la croissance à crédit

Cela fait déjà cinq ans que la crise de 2007 a entrainé l' économie française au bord du gouffre.
Notre pays n'a toujours pas renoué avec ses anciens niveaux de production.
La France n'a jamais été autant secouée économiquement depuis les années 1930. Le potentiel de croissance est évalué désormais à 1 % au maximum.
La production privée est en chute libre, l' investissement et l'innovation sont en retard, en clair : nos inventions vieillissent sans être renouvelées.
Elle court elle court la rumeur à Paris : les banques américaines auraient décidé de vendre en masse des obligations françaises dès le 7 mai prochain. Info ou intox ? ça changerait quoi ?
Des infos d'initiés venant de la sphère financière indiquent que des banques U.S s’apprêteraient à se débarrasser des obligations convertibles du Trésor français pour aggraver le spread (écart de taux) avec les bons du trésor de l' Allemagne.
Que faire si les places financières imposent aux Français une politique économique contre laquelle ils auront voté en mai 2012 ?
François Hollande élu Président avec un fort ralliement venant du Front de Gauche dont les idées proclamées sur les places publiques par son leader (JL Melenchon) sont assez éloignés des quatre volontés des spéculateurs. Le tangage sur le pédalo élyséen ne manquera pas de sel, avec, Jean-Luc Mélenchon appelant à l'expropriation (voire pire) des riches coupables de tout, et un ministre des finances tentant d'imposer "le paquet de mesures", le "mémorandum" de Bruxelles et de l' Eurogroupe.
Pendant ce temps là, les grèves se multiplieront et l'insécurité aura son excuse sociale pour proliférer.
La dette française devrait atteindre 90 % du PIB en 2012, niveau à la fois fatal et quasiment irréversible. Le service de la dette augmentant plus vite que la croissance économique.
La nation est en déliquescence et abandonne à son sort la jeunesse (20 % d'une tranche d'âge étant exclue tous les ans du système éducatif et professionnel). Quand aux "séniors" qui sont priés de cotiser 40 ans au moins, le monde du travail ne les emploie que de 25 à 50 ans dans le meilleur des cas...
La France devra emprunter 180 milliards d'euros en 2012 et 240 milliards en 2013 aux investisseurs internationaux.
Notre pays ne doit pas seulement payer les intérêts de sa dette, mais aussi rembourser les obligations arrivant à terme.
C'est le principe du sur-endettement on rembourse le capital  en le réempruntant, sinon c'est le défaut !
Ce tableau devra nécessairement amener le prochain président, qu'il le veuille ou pas, à procéder à des coupes douloureuses dans les dépenses publiques. On comprends mieux pourquoi François Hollande préfère s'allier avec EELV qu' avec JL Melenchon.


La rigueur est écologiquement compatible.

No de billet: 041-21-50-40-1

lundi 30 avril 2012

Une retentissante gifle dans le bid aux hauts financiers mondiaux

Je reproduis un excellent texte de Rue89

 

Référendum en Islande : seconde torgnole à la finance mondiale

Publié le 11/04/2011 à 14h21

Olafur Ragnar Grimsson, président d’Islande, dans un bureau de vote de Reykjavik, le 9 avril 2011 (Ingolfur Juliusson/Reuters).

Et paf, seconde torgnole ! Près de 60% de « non » sans condition ! Après une première claque retentissante en mars 2010, nos volcaniques amis islandais ont réitéré par référendum, le samedi 9 avril, à la finance internationale et à leur gouvernement, leur refus de payer les pots cassés de la Grande Crise.

Ou plus précisément ceux de la brochette d’imprudents clients anglais et néerlandais lors de la faillite de la banque Icesave en 2008. La population islandaise persiste et signe : pas question d’éponger les pertes d’une banque privée avec des fonds publics.

Tête des dignitaires de la haute finance interlope devant l’affront fait à leur toute-puissance, tête de leurs zélés défenseurs (Fonds monétaire international), tête du gouvernement islandais de centre-gauche, sorte de PS local, qui n’avait pas ménagé ses efforts en faveur du « oui », avec le soutien empressé des élites et des médias du coin (un classique !).

Les cris d’orfraies des (mauvais) perdants

Après cette nouvelle dérouillée, plaintes vénéneuses et menaces à peine voilées des perdants :

« La pire option a été choisie. Le vote a coupé le pays en deux. Nous devons tout faire pour éviter un chaos politique et économique après ce résultat. » (Johanna Sigurdardóttir, premier ministre islandais).

« Le temps des négociations est passé. C’est désormais une affaire pour les tribunaux. » (Jan Knees de Jager, ministre néerlandais des Finances).

« Nous avons l’obligation de récupérer cet argent, et nous poursuivrons nos efforts jusqu’à ce que nous y parvenions. » (Danny Alexander, ministre britannique du Trésor).

Il faut dire qu’ils s’étaient donné du mal, nos confits déconfits, pour essayer de sauver leurs joueurs de billes en péril. Ils avaient même sorti les sondages de circonstance annonçant la victoire à quelque 61,3% du « oui » au plan concocté par Johanna Sigurdardóttir.

« Vos créances pourries, vous vous les gardez ! »

Mais repaf ! Le syndrome du référendum sur la constitution européenne ressurgit ! Avec juste un peu plus de constance que celle manifestée par les cousins irlandais.

Est-ce à cause de ceux-là, mais aussi des Grecs et des Portugais, avant les Espagnols et les Italiens, que l’annonce des résultats de ce second référendum est passée assez inaperçue dans nos unes médiatiques ?

Le symptôme d’une maladie tenace avec fort risque de propagation virale est flagrant. Imaginez que les premières victimes expiatoires de la grande débandade européenne se sentent gagnées par la révolte islandaise et entonnent avec la vigueur tempétueuse d’uneBjörk survoltée cet infernal couplet :

« On s’en fout de votre aide ! On n’en veut pas et on n’en peut plus ! Vos créances pourries, vous vous les gardez ! On reprend nos billes et on se débrouille tout seuls ! »

Les Portugais, Irlandais, Grecs devraient s’inspirer des Islandais

De fait, il y a fort à parier qu’ils y seront tôt ou tard contraints. Car il est de plus en plus évident que le monde court tout droit à UN INEVITABLE BLOCAGE SYSTEMIQUE !

Celui-ci ne menace pas seulement l’Europe. Les Etats-Unis républico-obamiens viennent une nouvelle fois de sentir le vent du boulet passer tout près et usent de ficelles de plus en plus improbables pour reculer l’échéance. Les pays asiatiques voient déjà la surchauffe mettre en péril leur fragile émergence.

Les pénitents actuels, portugais, irlandais, grecs (si mal en point, ceux-là, qu’ils vont bientôt devoir demander une seconde aide pour rembourser la première !) gagneraient à s’inspirer de l’exemple islandais.

Et s’épargner cette période pénible d’humiliations à laquelle leurs « partenaires » encore rescapés les contraignent en pure inutilité. Arrêter enfin cette interminable agonie ubuesque.

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No de billet: 821-12-40-30-1

mercredi 25 avril 2012

En Islande, Le peuple met dehors les politiciens…ca c’est de la démocratie

 

Je reproduis un excellent billet de Zébuzzéo

 

mercredi 29 février 2012

Révolution en Islande le peuple chasse ses politiciens, silence total des médias

C'est assez dur à croire, mais ce qu'il faut bien appeler une révolution du peuple, par le peuple, pour le peuple, se déroule actuellement en Islande, remarquez au passage le silence odieux des caniches qui nous servent de médias. L’information n'est presque pas pas relayée.
Pourtant, la nature des évènements en cours en Islande est sidérante : Un Peuple qui chasse la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel, une « gauche » libérale de remplacement elle aussi évincée des « responsabilités » parce qu’elle entendait mener la même politique que la droite, un référendum imposé par le Peuple pour déterminer s’il fallait rembourser ou pas les banques capitalistes qui ont plongé par leur irresponsabilité le pays dans la crise, une victoire à 93% imposant le non-remboursement des banques, une nationalisation des banques, et, point d’orgue de ce processus par bien des aspects « révolutionnaire » : l’élection d’une assemblée constituante le 27 novembre 2010, chargée d’écrire les nouvelles lois fondamentales qui traduiront dorénavant la colère populaire contre le capitalisme, et les aspirations du Peuple à une autre société.

Alors que gronde dans l’Europe entière la colère des Peuples pris à la gorge par le rouleau-compresseur capitaliste, l’actualité nous dévoile un autre possible, une histoire en marche susceptible de briser bien des certitudes, et surtout de donner aux luttes qui enflamment l’Europe une perspective : la reconquête démocratique et populaire du pouvoir, au service de la population.
1. Quand l’Islande réinvente la démocratie Le 16 décembre 2010
Depuis le samedi 27 novembre, l’Islande dispose d’une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.
Depuis cette crise dont elle est loin d’être remise, l’Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire.
Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l’Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d’ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C’était une première pour l’Islande, tout comme la nomination d’une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.
Très vite, le nouveau gouvernement se trouve face à un problème épineux : le règlement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni d’une dette de 3,5 milliards d’euros suite à la faillite d’Icesave, banque en ligne dont les opérations étaient tournées principalement vers ces deux pays.
Sous la pression de l’Union européenne, à laquelle les sociaux-démocrates souhaiteraient adhérer, le gouvernement fait voter en janvier 2010 une loi autorisant ce remboursement, ce qui reviendrait, pour chaque Islandais, à débourser pendant huit ans une somme d’environ 100 euros par mois.
Mais le président de la République refuse de ratifier la loi, dont le texte est alors soumis à un référendum. À plus de 93%, les Islandais votent contre le remboursement de la dette (6 mars), et depuis le problème reste en suspens.
C’est dans ce contexte que l’Islande décide de modifier sa constitution, qui en fait n’a jamais été vraiment rédigée : lorsqu’en 1944 la république avait été proclamée, on s’était contenté de recopier dans les grandes lignes la constitution du Danemark, pays dont l’Islande dépendait depuis plusieurs décennies, en remplaçant simplement le terme de “roi” par celui de “président de la République”.
C’est donc une nouvelle constitution qu’il s’agit d’écrire entièrement, et pour cela on a décidé de faire confiance au peuple souverain. Il y a eu d’abord un appel à candidatures (tout le monde pouvait se présenter à l’exception des élus nationaux, à condition d’avoir dix-huit ans révolus et d’être soutenu par au moins trente personnes) auquel ont répondu 522 citoyennes et citoyens. C’est parmi eux qu’ont été élus les 25 constituants.
Ces derniers commenceront à se réunir à la mi-février et rendront leur copie avant l’été. Parmi les propositions qui reviennent le plus souvent, on peut noter la séparation de l’Église et de l’État, la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles et une séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif.
Certes, l’Islande n’est qu’un petit pays d’environ 320 000 habitants. Elle donne cependant là une belle leçon de démocratie aux grands États dont la France : songeons que, dans notre pays, la réforme constitutionnelle de 2008 a été entièrement rédigée à l’Élysée, et que les parlementaires ne l’ont adoptée qu’à deux voix près après avoir été soumis pendant des semaines à des pressions intolérables de la part du chef de l’État.
2. L’Assemblée constituante a été élue en Novembre
Un jour, il y a quelques mois, un anglais passant par Paris, rencontré à la librairie Lady Long Solo, nous alertait sur la révolution en Islande. Quelle révolution ? On n’en entend parler nulle part.
Une rapide recherche google ne donne rien du tout, aujourd’hui, ni en associant le mot « révolution », ni même « crise », où l’on ne trouve que des détails sur la crise financière, effectivement à l’origine de cette révolution, qui a eu lieu en 2008, dans ce pays d’à peine plus de 300 000 habitants, classé au deuxième rang mondial sur l’indice du développement humain, l’IDH, derrière la Norvège, à la veille de cette crise, en 2006.
Confronté alors à la faillite brutale du système bancaire, le peuple était descendu dans la rue. Du jamais vu au pays des jeysers d’eau chaude. La droite avait aussitôt dû céder la place à la gauche. Et, pour commencer, les banques avaient été nationalisées.
Notre informateur anglais en avait entendu parler pour les projets législatifs de liberté totale pour internet, tels que des sites anglais pensaient à s’héberger là. Plus encore, il insistait pour parler d’une véritable révolution, sans pouvoir la décrire plus, mais s’étonnant qu’on n’en ait jamais entendu parler.
Cherchant alors avec obstination, on a fini par voir des images du palais présidentiel assiégé par une foule qu’on qualifierait ici sans hésiter d’anarcho-autonome.
En plus des drapeaux noirs, on pouvait deviner dans la foule une forte composante de citoyenneté de type écologiste. Et on comprenait que le pauvre malheureux flic, tout seul devant le palais présidentiel, ait rapidement dû se rendre sous la pression de la foule.
Celle-ci, néanmoins pacifique, n’usait que de casseroles et autres objets bruyants, selon la méthode argentine du cacerolazo, qui a su s’avérer très payante aussi là-bas.
Le président avait plié bagage. Un nouveau gouvernement s’était institué. Mais, quelques temps plus tard, celui-ci avait la mauvaise idée de proposer le remboursement de la dette des banques vis-à-vis du Danemark ou de la Grande Bretagne. Le peuple est de nouveau descendu dans la rue.
Un référendum sur la question était imposé par volonté populaire, et une petite majorité de 93% rejetait l’accord prévu par les gentils gouvernants. Parmi les informations glanées, cette image saisissante de l’agora dans les bains publics chauds, où le peuple s’assemble tous les matins pour débattre de comment refaire le monde.
Consécration de cette révolution, l’élection d’une Assemblée constituante, le 27 novembre 2010, évènement peut-être plus considérable que la nuit du 4 aout 1789 où était votée l’abolition des privilèges, dont on ne se serait pas aperçu sans la vigilance de Truks en vrac, de notre ami B.Bec, du Gers, relayant le CADTM, ou de Jean-Luc Mélenchon, qui trouve là une similitude avec ses propres thèses constitutionnalistes, mais ne semble pas voir plus loin que le bout de son nez anti-capitaliste.
Merveille de la désinformation. Un évènement aussi considérable qu’une véritable révolution démocratique, telle qu’on n’en a jamais vue en Europe, peut se produire sans que la presse, ni google, ne permettent d’en savoir quoi que ce soit.
C’est sûr qu’à l’heure de la consolidation anti-démocratique que vivent la plupart des pays européens, l’exemple islandais ne fait pas vraiment l’affaire de nos régimes policiers, qui montrent là encore leur aptitude à verrouiller rigoureusement la conscience collective.
On aimerait assurément en savoir plus sur cette révolution islandaise. Voilà des mois que Paris s’éveille rêve de téléporter sa rédaction pour un reportage approfondi au pays des chasseurs de baleines et d’utopie. S’immerger dans les bains chauds de la révolution démocratique fait certes envie, surtout vu du cœur de notre hiver sécuritaire.
Il faut s’imaginer les 25 « simples citoyens » qui vont plancher sur la constitution idéale. Le souffle de l’humanité devrait se retenir. Où l’on verra probablement qu’il n’est pas difficile de faire mieux que toutes les figures de pseudo-démocraties qui se sont déclinées jusqu’ici sur les cinq continents.
source : parisseveille.info

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